La journée « Indicateurs » du printemps Couperin

Synthèse de la 3e journée du printemps Couperin 2025

La journée « Indicateurs » du Printemps Couperin s’est tenue le 21 mars 2025.

Introduction et contexte de la journée

La 3e journée du Printemps Couperin (qui s’est tenu du 19 au 21 mars 2025 à l’ENSAM) a été consacrée aux indicateurs d’usage des ressources numériques, avec un focus sur les rapports d’usage COUNTER, leur production par les éditeurs et leur exploitation par les établissements et le consortium.

Les présentations et échanges ont porté en particulier sur :

  • Les évolutions du guide de bonnes pratiques COUNTER (dont la version 5.1 a succédé à la version 5 depuis quelques mois) et leurs impacts sur les rapports d’usage.
  • Les défis techniques et organisationnels liés à la collecte et à l’analyse des données.
  • Les outils développés pour faciliter l’exploitation des statistiques (ezMesure, ezCounter, ezREEPORT, etc. regroupés dans la suite logicielle ReadMetrics).
  • La remontée de données d’usage aux gouvernances et tutelles, en particulier dans le cadre de l’enquête nationale annuelle eSGBU pilotée par le MESRE
  • La difficulté de collecter et de qualifier les usages des ressources en libre accès (OA) pour en évaluer l’impact à l’heure de la Science Ouverte, notamment dans le cadre du projet de recherche européen PathOS.

Les captations publiques de la matinée et de la fin d’après-midi sont visionnables sur la chaîne
Canal-U du consortium
et regroupées dans :

Rubrique Canal-U pour la journée Indicateurs (lien externe) Ouvrir

Les captations des présentations du début de l’après-midi qui portaient sur l’utilisation des données d’usage par des établissements du consortium dans différents cas d’usage (acquisitions, suivi des abonnements, désabonnements à des ressources) ainsi que sur la saisie et l’exploitation des données de l’enquête nationale eSGBU ne sont pas publiques mais sont disponibles aux établissements membres sur simple demande.

Retours d’expérience des éditeurs

Plusieurs éditeurs ont accepté de partager les étapes de leur parcours vers la conformité
COUNTER, notamment :

  • EDP Sciences : Passage de COUNTER 3 à COUNTER 5.1, avec une automatisation progressive des rapports. L’éditeur a souligné l’importance de la collaboration avec les négociateurs et le GTI (Groupe de Travail sur les Indicateurs) pour accompagner les éditeurs non encore conformes
  • Techniques de l’Ingénieur : Transition vers COUNTER 5.1, avec des défis liés à la classification des contenus (revues vs. bases de données) et à l’adaptation des rapports pour les industriels et les universitaires

Le cas particulier des ressources en libre accès a été évoqué, dans le cadre du projet de recherche PathOS :

  • Présentation des données de consultation fournies par OpenEdition et HAL sur une période étendue (2023-2024), avec une analyse géographique montrant une répartition mondiale des usages et la difficulté d’en tirer des conclusions définitives sur leur(s) impact(s)

Points clés :

  • Le passage à COUNTER 5.1 entraîne une baisse apparente des usages (ex. : 220 millions d’usages en COUNTER 4 vs. 183 millions en COUNTER 5.1) en raison des changements méthodologiques (ex. : passage de la métrique Total Item Requests à Unique Item Requests, qui dédoublonne plus drastiquement les consultations considérées comme identiques)
  • Les éditeurs investissent des ressources importantes pour se conformer, à la fois en budget et en temps de travail

Outils et solutions techniques

Plusieurs outils de la suite ouverte ReadMetrics ont été présentés pour faciliter la collecte et l’analyse des données :

  • ezMesure : Plateforme d’entreposage (moteur d’indexation ElasticSearch) et de visualisation (outil de visualisation Kibana) des statistiques, permettant aux établissements d’accéder à des tableaux de bord personnalisés.
  • ezCounter : Module dédié au moissonnage des rapports COUNTER, avec une automatisation croissante des processus.
  • ezReeport : Outil de reporting périodique pour un suivi régulier des indicateurs

Des améliorations en continu :

  • Développement de filtres par bouquets pour faciliter l’analyse des données et dépasser la limite de 1000 titres par filtre Kibana (qui pose problème pour les gros bouquets de titres d’ouvrages ou de revues).
  • Intégration progressive des nouveaux rapports Counter 5.1 dans les outils existants, et co-existence temporaire avec les rapports Counter 5.

Utilisation des données par les établissements

Les collègues des bibliothèques et universités ont partagé leurs méthodes pour exploiter les
statistiques :

  • Université Claude Bernard Lyon 1 : Utilisation du coût par téléchargement comme indicateur clé pour les désabonnements, avec une distinction entre les archives et les contenus courants
  • Université Polytechnique Hauts-de-France : Personnalisation des tableaux de bord pour suivre les abonnements et identifier les titres les moins consultés
  • Bibliothèques de Toulouse : Analyse des refus d’accès pour orienter les acquisitions futures

Quelques enjeux importants sont mis en avant :

  • Acculturation des utilisateurs : Nécessité de former les acquéreurs et les enseignants- chercheurs à l’interprétation des données COUNTER (par ex. : comprendre la différence entre Total Item Requests vs. Unique Item Requests)
  • Limites des outils : Problèmes de volumétrie (ex. : fichiers Excel trop lourds) et besoin d’automatisation accrue

Remontée des données dans l’enquête nationale eSGBU

L’enquête eSGBU existe depuis 1976. Elle a été complètement refondue en 2013. Son périmètre couvre actuellement 137 structures documentaires (soit 1053 bibliothèques) et comprend 250 variables, dont 10% environ portent sur la documentation numérique, elles-mêmes organisées en 3 modules :

  • La dépense (4 questions)
  • Les collections (stock et flux : 13 questions)
  • Les usages (intégration Counter 4, 5 et 5.1) : c’est ce volet qui est grandement facilité par la mise en place d’un tableau de bord établissement dédié sur ezMesure

Les données remontées sont destinées au pilotage national et peuvent être récupérées par les établissements sur le site de l’eSGBU ou directement sur la plateforme DataESR. Les principaux indicateurs calculés sont : le coût au téléchargement, le ratio investigations/requêtes. D’autres chiffres clés et indicateurs sont publiquement accessibles.

Perspectives

  • Évolution vers COUNTER 5.1 : Les éditeurs et les établissements doivent s’adapter à la nouvelle norme, avec un accompagnement renforcé par le consortium Couperin.
  • Amélioration des outils : Développement de nouvelles fonctionnalités dans ezMesure pour faciliter l’analyse des bouquets.
  • Collaboration renforcée : Importance des retours d’expérience entre éditeurs, bibliothèques et consortiums pour optimiser l’exploitation des données.
  • Nécessité de rendre compte globalement et précisément (au niveau de l’article) des usages des ressources en libre accès : les éditeurs peuvent fournir le rapport Global Item Report (optionnels dans Counter 5.1) ventilé par zones géographiques. Ces données pourront aider à dessiner l’impact sociétal de l’ouverture de la science, objectif auquel s’attelle un projet européen comme PathOS

Conclusion et remerciements

Les indicateurs d’usage normés, comme ceux que spécifie Counter, sont un levier essentiel pour la gestion des ressources électroniques, mais leur exploitation nécessite des outils adaptés et une collaboration étroite entre tous les acteurs.

Le GTI tient à remercier tou·te·s les collègues qui ont pris part à l’organisation de cette journée d’étude, ainsi qu’aux éditeurs qui ont accepté de venir montrer ce qu’une mise en conformité implique comme travail quotidien, et comme dépense.

Notice : Cette synthèse a été générée à l’aide d’un outil de type LLM (Mistral IA) sur la base des transcriptions (par Whisper) des captations effectuées le 21 mars 2025, puis amendée, complétée, relue et mise en forme par les membres du GTI